20 octobre 2007
LE CACAO DU SANG!
Nous avions connu les diamants du sang au cours de la guerre du Libéria et de la Sierra Leone. A la faveur de la crise ivoirienne, on peut sans contexte parler des Cacao du Sang! Car tout comme le commerce illicite du diamant a alimenté la guerre de nos voisins, celui du cacao a permis aux forces gouvernementales et aux rebelles également, de financer le conflit ivoirien.
Pour information, la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao qui est d'ailleurs la première richesse du pays. Contribuant à plus de 40% du PIB, sa gestion a toujours été opaque et les scandales financiers dans la filière n'ont jamais cessé.
Son rôle a été très déterminant dans la crise que nous avons connu et je vous fais partager un article fort intéressant sur ce sujet.
L’ONG Global Whitness vient de publier un rapport intitulé « chocolat chaud : comment le cacao a alimenté le conflit en côte d’Ivoire », décortiquant l’utilisation de la filière cacao pour financer l’effort de guerre. On y retrouve quelques acteurs françafricains bien connus des lecteurs de Billets d’Afrique.
Le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, constitue encore selon le rapport, la première richesse du pays [1]. Caisse noire historique du pays depuis Houphouët Boigny, la filière cacao est depuis toujours marquée par une grande opacité. Sa réorganisation et la nomination, par le FPI, de personnalités à la tête des institutions qui la composent n’a guère changé cet état de fait. Le rapport étudie plusieurs mécanismes de contribution de la filière cacao à l’effort de guerre.
Ainsi trois institutions de la filière cacao, l’Autorité de Régulation du Café et du Cacao (ARCC), la Bourse du Café et Cacao (BCC) et le Fonds de Développement et de Promotion des Activités des Producteurs de Café et de Cacao (FDPCC) ont, au début du conflit, apporté une contribution directe d’au moins 10,6 milliards de Francs CFA. Or le conseil d’administration de la BCC « comprenait deux représentants de la plus importante organisation professionnelle d’exportateurs, le Groupement Professionnel des Exportateurs de Café-Cacao (GEPEX) : le directeur général d’ADM Cocoa Sifca et le directeur de Dafci », proprieté, à l’époque, de Bolloré [2]. Interrogés par Global Whitness, les multinationales qui composent la GEPEX (les américaines ADM et CARGILL, la suisse Barry Callebaut et Tropival, filiale de la britannique ED & F Man Holdings Ltd) ont répondu ne pas être au courant, alors que les dons étaient publics, largement commentés et mis en scène dans les médias. Bolloré quant à lui n’a pas jugé utile de répondre.
Filières israéliennes
Le rapport étudie également les questions financières liées à la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), remplacée par la Banque Nationale d’Investissement (BNI) en 2004, et plus particulièrement les liens de cette dernière avec une étrange société de travaux publics, Lev-Ci. Dans son conseil d’administration figure l’israélien Moshe Rothschild, déjà impliqué et recherché au Pérou pour une affaire de trafics d’armes et pots de vins. Lev-Ci, dans laquelle la BNI est actionnaire, est la filiale de HTM Beheer BV, société immatriculée aux Pays-bas, officiant sous d’autres noms notamment en Sierra Léone. HTM Beheer a fourni des hélicoptères de combat au gouvernement ivoirien. La société contrôlant HTM Beheer ainsi qu’une cascade de sociétés écran, est immatriculée aux Antilles néérlandaises : son actionnariat reste donc anonyme.
Filières françafricaines

Des hélicoptères de combat ont également été échangés en 2003 contre du cacao grâce au français Christian Garnier, négociant en armes et directeur Afrique de la société Gambit Investment Ltd. Il était aussi, selon ses dires, conseiller militaire du président Gbagbo au moment de la transaction.
Christian Garnier, « ancien de Rhodésie, de la Centrafrique, du Tchad et des Comores », avait également négocié auprès de la présidence ivoirienne l’attribution de permis pétroliers et diamantaires pour des entreprises canadiennes, avec l’appui « de hautes personnalités ivoiriennes et françaises » (la Lettre du Continent du 16/012003). Gambit Investment Ltd est « une section dérivée de Sitara International Finance Holding SA », mystérieuse holding immatriculée au Luxembourg affichant « des avoirs financiers supérieurs à 4 milliards de dollars US ». D’après son site Internet, elle « représente un important fonds d’investissement international disposant de plusieurs milliards de dollars US ».
Au Nord aussi
Le Cacao a également été une « source de revenus substantielle » pour les Forces Nouvelles selon Global Whitness, qui estime que « depuis 2004, les FN ont dégagé en moyenne environ 15,1 milliards de CFA (30 millions de dollars US) par an de ce commerce ».
La production annuelle de cacao dans la zone contrôlée par les rebelles représente en effet 10% de la production nationale, et jusqu’à 3,6% de la production mondiale. A quoi il faut ajouter une partie du cacao récolté dans le sud et exporté par le nord, pour échapper aux taxes gouvernementales, moyennant bakchichs aux militaires des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et aux Forces Nouvelles. Celles-ci le reconnaissent d’ailleurs, de même que des observateurs de l’ONU le confirment. Il semble donc que seuls les militaires français stationnés dans la « zone de confiance », traversée par les camions, ne se sont rendu compte de rien. A moins qu’ils n’aient pas jugé utile d’en faire état. Une partie de ce cacao est expédiée au Ghana, dont les exportations ont presque doublé, mais surtout au Togo (qui exporte 4 fois sa production normale), via le Burkina.
Au centre de ce trafic se trouverait la société française Soeximex, filiale de la holding luxembourgeoise COFIDA, détenue par la famille Dagher-Hayek selon Le Courrier d’Abidjan du 5/10/05. Le même article signale que les activités commerciales de la Soeximex auraient été facilitées par le ministre RDR Adama Bictogo et par le Crédit Lyonnais. La Lettre du Continent (janvier 2006) avance également l’implication de l’ancien super-gendarme du GIGN Robert Montoya, qui possédait une société de négoce de cacao, Comotrans SA.
« Cela signifie qu’il aurait de fait soutenu les deux parties au conflit » commente le rapport, puisque Montoya a également fourni des hélicoptères, des avions de combat et des mercenaires au gouvernement ivoirien. Enfin deux sociétés de transport françaises seraient impliquées dans le transport du cacao : Getma (filiale de Necotrans) et Bolloré via ses filiales Saga (Côte d’Ivoire) et SNTB (Burkina). Merci qui ?
Victor Sègre
1] Selon certains observateurs, les exportations de pétrole l’auraient emportées sur le café et le cacao en 2006. Cf. Jeune Afrique du 6/08/06.
[2] Bolloré a cédé, en août 2004, sa société de négoce Dafci au consortium ivoirien FRC-BNI-ACE-FGCCC (Fonds de régulation de contrôle, Banque nationale d’investissement, Audit contrôle expertise, Fonds de garantie des coopératives café-cacao) en échange de la gestion du terminal à conteneur du port d’Abijdan, obtenu de gré à gré.
Commentaires
IMPORTANT
Je me demande pourquoi ici chez nous, seule l'intelligence et
l'innovation ne suffisent pas.
Pourquoi faut il toujours connaître quelqu'un dans l'arène du pouvoir
et des décideurs pour se faire entendre ?
Je me suis posé mille et une fois la question en 4 ans je ne trouve pas.
Comme pour dire, ce vieux dicton des années d'antan est encore de rigueur ?
Je n'en crois pas !
On crie Refondation, gestion nouvelle….et que sais je encore !
Mais ceux qui sont autour semblent plus gérer plus que celui même qui
a les reines de l'Institution.
A tous les niveaux.
Je ne parle pas seulement de l'Exécutif, mais partout.
Bon !vous voulez que je laisse tomber les sous entendus. ? Alors
parlons franchement.
Je ne suis personne, certes, mais j'ai pris la peine d'observer
quelque chose qui peut révolutionner la place de la cote d'ivoire ;
quelque chose qui permettrait à ce pays de bâtir un partenariat plus
humain avec l'occident.
De sortir du cadre d'assisté pour devenir « Roi »de ce nouveau produit
tant prisé par les grands groupes industriels Européens
Quelque chose qu'ils recherchent d'ailleurs et ont du mal à gérer.
Cela est possible chez nous, en cote d'ivoire parce que nous avons
seulement le potentiel agricole.
Oui, nous avons la terre qui peut nous relancer.
Durant la crise on nous a volé notre cacao soit disant qu'ils ont
aussi de la terre.
Voyons s'ils peuvent aussi planter le Miscanthus, cette graminée qui
servira dans la bioénergie pour répondre à cette indépendance
énergétique tant recherchée par l'Europe. Vous ne voyez toujours pas ?
C'est normal .J'ai pris moi des années pour mieux l'observer, pour
l'étudier avec eux-mêmes les blancs.
Aujourd'hui, je crois que je suis à même de la cultiver cette plante,
oui de la mettre en terre en cote d'ivoire pour offrir une nouvelle
activité pour l'export.
J'ai pas demandé un financement à aucune institution ici.
Puisque même mes simples courriers d'information n'ont jamais eu de répondant
Encore moins les demandes de rendez vous.
J'ai écrit à la Présidence
J'ai écris à la Primature
J'ai écris à toutes les Institutions
Personne ne m'a même pas appelé pour me demander de quoi il s'agit.
Pourquoi ? Simplement parce que mon nom ne ressemble à rien ni personne.
Je suis sorti de nulle part et je n'ai aucun parent autour d'eux.
C'est normal que je navigue seul.
Aujourd'hui ce sont ces mêmes à qui je veux prouver notre potentiel et
notre savoir faire qui n'arrentent pas de m'envoyer des lettres
d'invitation :
Paris-Champhol-Pologne-Autriche-Chine.
Pour venir chez eux et discuter du financement de près de 2 Milliards
Parce que chez moi, ma propre patrie semble ne pas entendre
quand j'en parle.
C'est un coup de gueule oui, mais un coup de cœur.
Un blanc m'écrivait récemment : c'est une grosse affaire ton 'truc'
mais faut bien que je trouve quelqu'un pour m'aider à répondre à ces
invitations.Meme si c'est une aide conditionnée par un retour sur investissement.
C'est tout là l'objet de ce mail.
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