Ma Côte d’Ivoire, ma terre d’espérance, ma terre d’hospitalité serait-elle devenue une terre d’impunité.

Depuis l’éclatement de la crise militaire le 19 Septembre 2002, de nombreux crimes contre l’humanité ont été  commis sans qu’aucune enquête ne soit diligentée et sans qu’aucun responsable ne soit menacé même lorsque les coupables sont connus de tous.

L’impunité, une culture.

L’impunité en Côte d’Ivoire n’est pas une chose nouvelle. Avant la guerre en 2002, plusieurs atteintes aux droits de l’homme sont restées impunies.

Qui ne se rappelle pas du charnier de Yopougon découvert après les évènements d’Octobre 2000 ? Après un simulacre de procès, les principaux accusés ont été purement et simplement remis en liberté. Les témoins de ce massacre  préférant fuir ou se taire.

A l’époque un responsable politique a dit que le charnier était « un montage » aujourd’hui, il est président de l’Assemblée nationale.

De là à faire passer le charnier pour  un suicide collectif, il n’y a qu’un pas.

Qui a donc jeté ses corps dans cette broussaille ? On attend toujours la réponse.yopugon

Macabre décompte

Les massacres ont été perpétrés autant par les rebelles que par les forces loyalistes. Nous avons tenté de faire une liste de cette folie meurtrière.

  Bouaké : 85 corps de gendarmes, des membres de leurs familles, leurs visiteurs exécutés en octobre 2002, par les forces du MPCI, ont été découvert dans une fosse commune. Signalons la présence de 35 corps d’enfants parmi les 85 découverts.

Daloa : 50 civils tués en octobre 2002 par les brigades anti-émeute (BAE) après la reprise de la ville par les forces loyalistes qui avait déjà enregistrée plusieurs morts.

Monoko-zohi :plus de 100 corps découverts en novembre 2002 par l’armée française (Monoko-zohi est situé en zone rebelle et est séparé de la zone gouvernementale par la zone de confiance tenue par l’armée française).

  Dah : 40 civils tués en mars 2003 par le MPIGO et ses recrues libériennes

  Bangolo : 60 civils tués en mars 2003 par le Mouvement pour

la Démocratie

au Libéria (MODEL), allié au gouvernement ivoirien.

  A l’ouest au 25 février 2003, on enregistrait 1300 tués par les rebelles dont 896 corps identifiés.

Cependant, à cette liste s’ajouteront d’autres massacres comme ceux de Guitrozon  et des milliers de viols de femmes, autant de vies brisées…dans l’impunité totale.

Cote_Ivoire_Fengolo_Puits_Charnier_3

L’impunité : sève nourricière de la violence

L’impunité nourrit la violence. Les assassins impunis peuvent récidiver sans la moindre crainte. Leur exemple est repris par d’autres assoiffés de sang. La vengeance des  parents des victimes, de sa tribu ou de son ethnie est possible à tout moment. C’est ainsi que l’impunité nourrit et entretient le crime.

La Côte

d’Ivoire : Sombre mirroir de l’Afrique

Ce qui se passe en Côte d’Ivoire, n’est que le reflet de ce qui s’est passé et se passe dans l’ensemble des pays africains en conflit ou non. Libéria, Sierra Léone, Darfour, RDC, Congo, Angola, etc, les criminels ont très peu de soucis à se faire.

loyalistes

C’est pourquoi il faut encourager les rares initiatives qui tendent à mettre fin à cette impunité. En attendant, ici on tente de faire ratifier par le gouvernement le protocole sur

la Cour

Pénale

Internationale afin qu’enfin les criminels soient poursuivis et chatiés.