La célèbre organisation activiste de protection de la nature, GREENPEACE, s’est récemmentnues associé au photographe Spencer Tunick célèbre pour ses photos de foules nues (surtout dans les endroits publiques : ponts, métro, plage…), pour lancer une campagne contre le réchauffement climatique.

L’idée est de faire poser des centaines de personnes « nues » sur une banquise en Suisse pour sensibiliser les décideurs de ce monde sur le réchauffement climatique. Selon la responsable de la communication de l’organisation, GREEPEACE veut par ce moyen "choquer" et attirer l’attention sur le plus grand problème environnemental du siècle.

Le nu n’est pas une nouveauté. Depuis quelques années déjà, nous avons été soumis à des images de célébrités posant nues pour des causes humanitaires ou sociales. Certaines stars de cinéma (Pamela Anderson, Kim Basinger, Christy Turlington et la chanteuse chinoise Eve Angeli), l’ont fait pour la lutte contre la chasse des animaux à fourrures aux USA.   

La lutte contre le SIDA a aussi eu ses stars qui ont posé nues pour la cause (Dannii Minogue dans la photo du bas, enveloppée seulement d'un ruban rouge). En Afrique noire, on   se rappelle   du chanteur Meiway et de l’écrivain camerounaise Calixthe Beyala qui ont posé nus pour sensibiliser contre la pandémie du SIDA. 0_0_Dannii_Minogue_pose_nue_pour_le__H220004_L

Pourquoi le nu ? Le recours à la nudité est chose très fréquente dans la communication en général. Un adage dit en publicité ceci : « Si votre publicité ne marche pas, mettez-y une femme ; si ça ne marche tjrs pas, mettez-la à moitié nue et si ce n’est toujours pas satisfaisant, mettez-la complètement nue, ça marchera forcément ». Il est vrai que la nudité attire le regard de la cible et facilite même la mémorisation du message.

La communication sociale empruntant beaucoup de méthodes de la communication commerciale n’a donc pas eu beaucoup de mal à utiliser le « nu » pour promouvoir des causes avec surtout l’objectif de « frapper » l’attention de la cible.

L’efficacité du nu.  Question : en quoi l’image de personnes posant nues sur une banquise peut amener les dirigeants de ce monde à agir plus promptement pour réduire le réchauffement climatique ? En d’autres termes quelle est l’efficacité du « nu » surtout dans la promotion de cause sociale et humanitaire ? Ces dernières années ont vu naître de plus en plus de « nu » dans les publicités quelles soient commerciales ou non.

Pour la publicité d’une montre, d’un parfum, d’un yaourt, d’un savon, d’un diamant, … des hommes et des femmes sont dévêtues par les grandes agences de communication.

Ces images ont tellement envahies notre quotidien que la nudité est tombée dans la banalité. Aujourd’hui, il est moins choquant de voir du « nu » à la télé ou dans un magazine qu’il y a quelques années. A force d’utilisation des images de nudité, nous en sommes arrivés à un niveau de saturation de ce type d’image.

Le « nu » à lui seul donc peine aujourd’hui à choquer et l’attention qu’il crée à de plus en plus tendance à diminuer puisqu’une image de « nu » vue est vite remplacée par des dizaines d’autres que ce soit dans un spot télé, dans un magazine, un clip ou dans un film.

                De plus en plus « nu ». Dans cette situation de saturation, certains ont choisi d’aller plus loin dans le « nu ».

C’est en cela que certains jouent sur la notoriété des mannequins choisis (en général stars du sport, du cinéma ou de la musique) ; On les veut de préférence beaux et belles. Le risque encouru ici, surtout lorsqu’il s’agit de cause sociale et humanitaire est le fait que la beauté et la célébrité de la star l’emporte largement sur la cause elle-même. On admirera les formes d’Halle Berry sur une belle page de magazine, on s’en rappellera, c’est sûr mais il n’est pas du tout sûr qu’il en soit de même pour « le cancer ou le SIDA » si elle pose nue pour l’une de ces causes.

            Et dans nos cultures africaines, cela est très mal vu. C’est bien pourquoi, les photos de Meiway et de Calixthe Beyala ont plutôt nuit à leur  image. Ils ont même été accusés d’être plutôt entrain de faire la promotion de la débauche sexuelle et donc de pousser les jeunes dans les « bras » du SIDA.

De plus certaines images de « nu » trop choquantes créent plutôt plus de polémique autour de l’image que de  débats autour de la cause  à promouvoir. De plus, certains média refusent de les diffuser et cela peut réduire l’impact de la campagne.

Le projet de GREENPEACE vise sans aucun doute des objectifs nobles. Cependant, connaissant les capacités  de Greenpeace et surtout sa longue histoire d’activisme à grand renfort d’actions d’éclat et de publicité, elle aurait pu se passer d’une telle initiative qui n’est pas pertinente à notre avis.